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La politique à l’ère du digital

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La politique à l’ère du digital

03
Fév 2018

 

La politique elle aussi fait sa révolution digitale. Les réseaux sociaux ont pris un certain pouvoir. Pendant 3 ans, Gaspard Gantzer, directeur de la communication de François Hollande, a initié et testé de nouvelles pratiques. Il raconte…

           François Hollande est une des premières figures politiques à avoir été présente sur les réseaux sociaux. Lorsqu’il est nommé Directeur communication de l’ancien Président de la République, Gaspard Gantzer insuffle une stratégie sur les réseaux sociaux, parfois critiquée ou manquée, comme ce fameux live-périscope qui tourne au ridicule lors d’une visite de François Hollande au siège de Showroom privé

      Avec la communication digitale – et plus particulièrement les réseaux sociaux – les politiques sont confrontés à de nouveaux enjeux: l’absence de frontière géographique et l’interactivité. Le Président français peut désormais être entendu dans le monde entier grâce à un simple tweet. Et de la même manière, largement critiqué. D’autant que derrière un écran, beaucoup de gens se lâchent. L’ancien Président en a fait les frais. Le Hollande-bashing a été très violent dans la presse. Il l’a encore plus été sur les réseaux sociaux. Mais“ si on accepte la démocratie 2.0, on accepte la confrontation”, réplique Gaspard Gantzer. Alors comment gère-t-on la communication dans ce contexte quand on est à la tête d’un pays aussi influent que la France ? Une des stratégies consiste à ne pas réagir. Cela permet d’éviter la focalisation médiatique. C’est le choix qu’a fait Gaspard Gantzer quand, au lendemain de sa nomination à l’Elysée, une photo de son profil facebook le montre en train de fumer un joint.
Une autre possibilité, quand il y a diffamation : répliquer par les moyens légaux, intenter un procès. N’oublions pas que les règles qui s’appliquent à la vie réelle s’appliquent également au web et aux réseaux sociaux.

            Mais les réseaux sociaux ne font pas que du tort aux politiques. Selon Gaspard Gantzer, c’est un outil formidable pour créer une communication conversationnelle et une certaine proximité entre le président et les citoyens. Au soir du 13 novembre 2015, la première réaction de François Hollande s’est faite sur Tweeter : “Face à l’effroi, il y a une Nation qui sait se défendre, sait mobiliser ses forces et, une fois encore, saura vaincre les terroristes ». Ce fut le tweet français le plus retweeté cette année-là (58.748 fois). Certains hommes politiques utilisent massivement les réseaux sociaux comme premier vecteur de communication. On pense notamment à Donald Trump qui n’hésite pas à attaquer frontalement d’autres chefs d’Etat au détour d’un tweet. La démocratisation de la communication politique sur les réseaux permet sans doute une plus grande proximité ainsi qu’une meilleure réactivité, mais au détriment peut-être de la solennité attendue d’un chef d’Etat lors d’une prise de parole publique.

Enfin, réseaux sociaux et démocratie font-ils bon ménage ? Les réseaux sociaux constituent en effet un espace sans borne pour le débat public. La parole laisse parfois place à la colère et aux révolutions 2.0 comme lors du Printemps arabe de 2011. A l’époque, ce cyber militantisme a donné au mouvement une très large couverture médiatique et lui a permis de se structurer. En réaction, certains gouvernements tentent de cadenasser l’usage des réseaux sociaux. En octobre dernier, par exemple, lors du remaniement du Parti Communiste Chinois, l’utilisation de WhatsApp a été fortement perturbée.

Propos recueillis par Gaëlle Brunetaud Zaid au cours de l’atelier La politique à l’ère du digital en février 2018 avec Gaspard Gantzer


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