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L’intelligence artificielle n’existe pas, Luc Julia nous dit pourquoi

L’intelligence artificielle n’existe pas, Luc Julia nous dit pourquoi

13
Juin 2019

L’homme qui a inventé SIRI et une foultitude de choses (parmi lesquelles une machine à faire son lit) s’y connait en innovation. 10 ans dans la recherche, 10 ans de startup, et bientôt 10 ans en grande entreprise ont permis à ce passionné d’une curiosité insatiable de concevoir des choses surprenantes, d’échouer beaucoup et de réaliser de beaux succès. Hier soir, pour le Club Digital Paris, il a partagé son expérience et ses convictions – sans langue de bois.

L’IA, c’est de l’innovation. Comment suscite-t-on de l’innovation disruptive ?

Quelles leçons tire-t-il de sa belle expérience ? « ll n’y a pas de recette, affirme-t-il, il n’y a que des gens extraordinaires : il faut enlever les gens qui ne sont pas à la bonne place et innover grâce à la multidisciplinarité ». Pour cultiver un terreau fertile, il s’oblige à avoir dans ses équipes des collaborateurs différents, qui font des choses qu’il ne sait pas faire, et développe une approche du management par l’inconfort, en les plaçant sur des sujets sur lesquels ils ne sont pas sensés être. Ainsi, ils sont capables de voir avec un œil neuf la nouvelle science dans laquelle ils sont projetés. Et il obtient les mêmes résultats que les start-ups : 10% de réussite pour 90% de projets qu’il décide de tuer dans l’œuf.


Dans tous ses projets, beaucoup d’intelligence artificielle, sur laquelle Luc Julia a un avis tranché : « Contrairement à ce qu’on raconte, l’intelligence artificielle n’apprend pas, elle est basée sur des données qu’elle reconnaît ».

1-L’intelligence artificielle n’est pas intelligente, elle se contente d’obéir à des règles.

C’est le principe même du système expert. Deep Blue a battu Garry Kasparov aux échecs en 1997 parce que le nombre de coups possibles aux échecs est fini (10puissance50) et qu’elle les avait tous en mémoire. En 2017, Alphago a battu le champion du monde Ke Jie au go sur le même principe. Au go, le nombre de coups est fini mais il est beaucoup plus grand (entre 10puissance 170 et 10 puissance 600) de sorte qu’aucun ordinateur ne peut les connaître tous. Alphago, à partir de 30000 parties, avait tout de même pu en extrapoler 10puissance200. C’était suffisant.

2-L’IA consomme beaucoup trop pour rivaliser avec l’humain.

Cette technologie est extrêmement énergivore : quand, à l’issue d’une partie, le champion du monde de go a dépensé 20wh, Alphago a dévoré 440 KWh : l’équivalent d’un petit datacenter.
C’est aussi le problème de la blockchain : la philosophie est très intéressante, mais une transaction blockchain est 10.000 fois plus énergivore qu’une transaction VISA, ce qui la rend intenable sur les plans économique et énergétique.

3-L’IA n’a rien à voir avec l’intelligence humaine.

L’IA n’est pas prête de remplacer l’homme : Pour répliquer l’intelligence humaine, il faudrait déjà l’avoir comprise. Or, aujourd’hui, on ne connaît encore que 20 à 40% du cerveau humain.
D’après Luc Julia, il faudra attendre des dizaines d’années avant de parvenir à quelque chose qui approche l’intelligence humaine. En attendant, il y a des choses fabuleuses à faire avec ce qu’il préfère qualifier d’intelligence augmentée : une technologie qui augmente l’intelligence de l’homme en le rendant plus puissant là où il ferait davantage d’erreurs sans elle. La première machine à calculer inventée par Pascal en 1642 remplissait déjà cette fonction : éviter les erreurs d’addition et de soustraction.

4-La voiture autonome ne sera jamais autonome

Luc Julia raffole des Tesla : sur l’autoroute, c’est parfait, ça roule tout seul. Mais place de l’Etoile à 18h, sa Tesla serait totalement bloquée, car pour conduire place de l’étoile, il ne faut pas suivre les règles de circulation. Or, la voiture soit disant autonome ne sait faire que ça. Puisqu’il est impossible de modéliser tous les cas et toutes les conditions de conduite, Luc Julia parie qu’on ne dépassera jamais le niveau 3.5 (sur une échelle de 5 correspondant au niveau d’autonomie totale). Cela dit, si l’autonomie est un leurre, la voiture 3.5 permet de réduire drastiquement le nombre d’accident.

Alors, l’IA est-elle bonne ou mauvaise ?

Le moto de Luc Julia, c’est de « mettre la technologie au service des vrais gens . Son idée de l’intelligence augmentée n’a rien à voir avec le transhumanisme. Le VP Innovation de Samsung ne cautionne pas ces pratiques qui, pour augmenter certaines fonctions, en diminuent d’autres (voire diminuent celles qu’elles affirment augmenter). Ce qui l’intéresse, c’est que la technologie nous assiste dans notre curiosité en nous faisant nous poser davantage de questions, surtout pas qu’elle l’éteigne.

 

Retrouvez le live-stream

https://m.youtube.com/watch?v=5fN-18sQzq4

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